dimanche 4 avril 2010

Qu'est-ce que la réalité ?



Réflexions autour de l'oeuvre de Stéphane Lupasco

par Basarab Nicolescu

Broché: 180 pages
Editeur : Liber - Montréal (15 octobre 2009)
Langue : Français

Disponible chez Amazon (20.42€)







Le mot "réalité" est un des plus prostitués de toutes les langues du monde. Nous croyons tous savoir ce qu'est la réalité mais, si on nous interroge, nous découvrons qu'il y a autant d'acceptions de ce mot que d'habitants sur la terre. Il n'est donc pas étonnant que les conflits sans nombre agitent sans cesse les individus et les peuples : réalité contre réalité. C'est une sorte de miracle que, dans ces conditions, l'espèce humaine existe encore.

Plus de soixante ans après l'affirmation de Wolfgang Pauli, un des fondateurs de la mécanique quantique: "la formulation d'une nouvelle idée de réalité est la tâche la plus importante et la plus ardue de notre temps", cette tâche reste inaccomplie. Et pour illustrer cette quête, je prends, comme cas exemplaire, l'œuvre de Stéphane Lupasco (1900-1988). J'ai eu le privilège de partager lamitié de Lupasco de 1968 à sa mort. Ce livre voudrait prolonger nos échanges intellectuels et spirituels au-delà de ce terme. En effet, la pensée de Lupasco est un système ouvert, soumis à un perpétuel questionnement constructif. Elle nous aide à avancer vers une sagesse en conformité avec les défis majeurs de notre siècle.
Basarab Nicolescu

Table des matières
  • Chapitre 1. L'œuvre de Stéphane Lupasco: vision panoramique
  • Chapitre 2. Au centre du débat: le tiers inclus
  • Chapitre 3. Niveaux de réalité et multiple splendeur de l'Être
  • Chapitre 4. Jung, Pauli, Lupasco face au problème psychophysique
  • Chapitre 5. Stéphane Lupasco et Gaston Bachelard: ombres et lumières
  • Chapitre 6. Du monde quantique au monde de l'art
  • Chapitre 7. Le tiers inclus, le théâtre de l'absurde, la psychanalyse et la mort
  • Chapitre 8. Dieu
  • Chapitre 9. Le dialogue interrompu: Fondane, Lupasco et Cioran
  • Chapitre 10. Abellio et Lupasco. Un idéal partagé
  • Chapitre 11. Entretien avec Edgar Morin
  • Chapitre 12. Pour ne pas conclure
  • Données biographiques et bibliographie


L'auteur :

Basarab Nicolescu est physicien théoricien, professeur à la Faculté d'Etudes Européennes de l'Université de Babes-Bolyai (Cluj-Napoca, Roumanie) et président-fondateur du Centre International de Recherche et Etudes Transdisciplinaires (CIRET). Homme de grand engagement humain et intellectuel, il est l'auteur d'un grand nombre de publications, notamment Nous, la particule et le monde (Rocher, 2002), La science, le sens et l'évolution (Le Félin, 1988) et Le tiers secrètement inclus (Babel, 2003).

Commentaire :

Ce livre écrit dans un style accessible à tous, renoue avec la Métaphysique telle qu'elle était pratiquée dans la Grèce antique, c.-à-d. originellement comme ta meta ta physica (ce qui vient après la Physique), abandonnée depuis les attaques acerbes assenées par les positivistes logiques au début du XXe siècle, et remise au goût du jour depuis les inconsistances théorétiques révélées par les théorèmes d'incomplétudes de Gödel en Mathématiques et les limites empiriques, révélant l'indétermination intrinsèque du monde subatomique, de la Mécanique Quantique. Loin d'être un traité de Métaphysique - qu'on ne s'y trompe pas - il essaie d'établir sur la base de l'oeuvre du Philosophe et Logicien Stéphane Lupasco (oeuvre à laquelle B. Nicolescu a personnellement participé en y-apportant le concept de niveaux de réalité) une conception claire mais néanmoins complexe - ternaire - de cette notion que nous croyons tous unanimement partagée et qui pourtant, est en reconstruction permanente : la Réalité.
O.P.

vendredi 2 avril 2010

Big Bang en sous-sol

Par Pierre Le Hir

Champagne au frais et ambiance fiévreuse, mardi 30 mars au petit matin, à l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève. Une expérience jamais réalisée, à partir du Large Hadron Collider (LHC, "grand collisionneur de hadrons"), le plus grand instrument scientifique du monde, doit peut être permettre d'éclaircir le mystère de la création de l'Univers. Dans les salles de contrôle, les équipes retenaient leur souffle. Une tension comparable à celle qui précède, à Cap Canaveral ou à Kourou, le lancement d'une navette ou d'une fusée Ariane. Jusqu'à la dernière minute, un paramètre non conforme pouvait faire retarder le tir. Non pas d'un lourd engin spatial, mais de minuscules faisceaux de particules subatomiques. Un défi technologique tout aussi complexe. "Cela revient un peu à lancer des aiguilles à travers l'Atlantique et à les faire entrer en collision à mi-parcours", expliquait Steve Myers, directeur des accélérateurs.

"Nous sommes prêts, et nous sommes confiants", assurait, quelques jours plus tôt, le directeur général du CERN, Rolf-Dieter Heuer. "Mais, ajoutait-il, nous ne sommes jamais à l'abri d'un incident. Il s'agit d'une machine nouvelle, pas d'une machine de série. Il faudra peut-être des heures, voire des jours, pour obtenir des collisions." Les chercheurs s'apprêtaient à provoquer, dans l'anneau de 27 km de circonférence enfoui, à 100 m sous terre, à la frontière franco-suisse, les premiers chocs entre protons à 7 millions de millions d'électrons-volts (7 tera-électrons-volts ou TeV). Une énergie encore jamais atteinte dans un accélérateur de particules. Trois fois et demie celle de l'instrument jusqu'alors le plus puissant, le Tevatron américain du Fermilab de Chicago, limité à 2 TeV.

Une collision titanesque

De quoi sont faites, par exemple, la matière noire et l'énergie sombre qui forment 96 % de l'Univers, dont nous ne connaissons qu'une infime partie ? Qu'est devenue l'antimatière qui, à l'aube de l'espace-temps, a sans doute été produite en même quantité que la matière, mais dont il ne reste plus trace ? Pourquoi les particules ont-elles une masse, et pourquoi certaines sont-elles lourdes et d'autres légères ? Le boson de Higgs, postulé par la théorie mais jamais observé, est-il la clé de cette masse ? Comment, encore, la "soupe primordiale" de l'Univers s'est-elle transformée, en quelques millièmes de seconde, en protons et en neutrons qui allaient donner naissance aux noyaux, aux atomes, puis aux étoiles et aux galaxies ? Existe-t-il des dimensions cachées, comme l'imagine un étrange scénario selon lequel les particules fondamentales ne ressemblent pas à des points, mais à des cordes en vibration? Nul ne sait si le LHC résoudra ces énigmes.

Les physiciens sont hommes de grande foi. Et de grande humilité. De la foi, il en faut pour construire, avec la ferveur des bâtisseurs de cathédrales, de gigantesques détecteurs où ils vont guetter, sans relâche, un signe venu de l'au-delà du monde visible. De l'humilité aussi, pour surmonter les coups du sort qui se sont acharnés sur eux. En septembre 2008, neuf jours après sa mise en service, une panne a plongé la machine dans le noir absolu.

Une nouvelle physique aux lois inconnues

"La patience paie", se réjouit aujourd'hui le patron du CERN. Depuis son redémarrage, en novembre 2009, le LHC aligne les succès. Fin novembre, des faisceaux de protons de 1,18 TeV ont circulé – sans se croiser – dans la boucle. En décembre ont été enregistrées des collisions à 2,36 TeV, qui amélioraient déjà, d'une courte tête, le record détenu depuis 2001 par la machine américaine. Enfin, le 19 mars, des faisceaux séparés ont été accélérés à 3,5 TeV. Restait le test crucial, tenté ce mardi : faire se percuter les faisceaux de protons, pour atteindre 7 TeV. Si tout va bien, annonce le CERN, le LHC sera exploité en continu "pendant une période allant de dix-huit à vingt-quatre mois, avec un court arrêt technique à la fin de 2010". Avant de monter en régime jusqu'à son énergie maximale de 14 TeV. Deux escadrons de chacun sept moustiques se heurtant de plein fouet pour le progrès de la science.

Car cette débauche d'énergie n'a d'autre finalité que l'avancée de la connaissance. L'espoir de voir naître une physique aux lois encore inconnues. Obligeant peut-être à repenser notre représentation du monde. "Les premières collisions de protons à haute énergie sont un événement très attendu par les physiciens du monde entier, pour lesquels de nouveaux horizons scientifiques s'ouvriront", piaffent d'impatience le CNRS et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), très impliqués dans ces travaux.

Nous sommes ici dans un pur sanctuaire de la recherche fondamentale. Même si le CERN s'enorgueillit d'être à l'origine du Web – inventé en 1989 pour permettre aux scientifiques de partager leurs informations – et d'avoir fait progresser les systèmes de calcul – chaque année, le LHC va collecter une masse de données équivalant à une pile de CD haute de 20 km –, les expériences n'auront aucune retombée pratique. Du moins à court ou à moyen terme. "La recherche fondamentale a toujours des applications, mais on ne sait jamais quand ni dans quel domaine", assure M. Heuer.

C'est toute la beauté de cette aventure. A l'heure de la "science utile", des nations – le CERN regroupe vingt Etats membres et cinq autres, Chypre, Israël, la Serbie, la Slovénie et la Turquie, ont fait acte de candidature – n'ont pas hésité à investir près de 4 milliards d'euros dans cet instrument. Et à en faire bénéficier 10 000 chercheurs de 85 pays. Déjà, cette communauté se projette dans le futur. Deux nouveaux accélérateurs sont à l'étude, pour prendre le relais du LHC à l'horizon 2025. Et repousser encore les frontières de la physique. Ou de la métaphysique ?

Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 30.03.10.
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vendredi 19 mars 2010

Towards the Origins of Universe and Matter

Theoretical and epistemological approaches

National Network of Complex Systems, CREA-École Polytechnique,
and
CNRS Interdisciplinary Program Particles and the Universe

(Organisation : M. Bitbol, P. Bourgine, S. Katsavenas)

22-24 Mars 2010
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http://www.crea.polytechnique.fr/LeCREA/colloques.htm#origins

Auditorium du CNRS - 3, rue Michel Ange - 75016 Paris


Our understanding of the large scale structure of the cosmos has achieved a spectacular progress during the last 10 years; cosmology has left the realm of philosophical speculation to become high precision science. Furthermore, since the Universe evolved from a state of extremely high energy and density one can use the knowledge obtained in the study of the elementary particles to approach the origin of the Universe.

According to this view, as one probes smaller and smaller distance scales, or equivalently higher energies, one discovers particles and interactions of higher symmetry. A different set of particles and interactions reveals itself at each scale, up to the highest energies where the unification of gravity and subatomic physics promises to derive particles, forces and even space-time properties from a minimal set of fundamental entities, as it is the case, for example, in the recently developed super-string theories .
Conversely, as the Universe “cools down” from its original high temperature state a series of successive phase transitions break the initial symmetries to form our present-day asymmetric but sufficiently eventful cosmic structures. An intensive experimental program tries to trace these transitions and the particle content that they correspond, using a series of different instruments from accelerators to gravitational wave antennas. Furthermore, since the vacuum contains virtually the higher energy physics, one can study the latter through “radiative” precision corrections to low-energy observables.
Concurrently, another philosophical point of view has gained strength recently, wondering whether one should make a distinction between the origin of things and the origin of their organisation. This standpoint criticises what it sees as the will to designate a fundamental entity as ultimate source of all things. It points to the fact that the question of the origin of laws and the organisation of matter in large scales has achieved also considerable progress through the refinement of the concepts of emergence and complexity. The idea of “protection” of the order of the emergent level from the details of the process of the level below, coming from condensed matter physics, permitted the understanding of several laws hitherto unexplained.
In this view, there is a symmetry between emergent levels : one should not distinguish between a “substratum” scale equipped with “fundamental properties” and a higher scale whose laws can be reduced to a variety of dynamical relationships between the “fundamental” entities of the scale below. The “emergentist” school puts thus in question the distinction between levels and would like to generalize the relational or organisational model to all scales, including the scale of “elementary” processes. The idea of an ultimate foundation of things is also put in question. If there is no difference between fundamental and emergent levels, the first should not receive any theoretical priority.
To these arguments, those accused of being “fundamentalists” answer that far from giving priority to the “fundamental” level they simply believe that different processes should be examined at their pertinent scale and that new mathematical laws can be explored at each scale.
This workshop has the ambition to trigger a high level discussion of the above views; they do correspond after all to the two meanings of “Arche”, the Greek word for origin, both foundation and organisation principle.

PROGRAM

22 March 2010

  1. 13h30 George Smoot Cosmology ;
  2. 14h30 Joe Silk Formation of cosmological structures ;
  3. 15h30 COFFEE ;
  4. 16h00 Erik Verlinde Origins of gravity (tbc) ;
  5. 17h00 Tian Yu Cao Philosophical reflections on emergence in cosmology ;
  6. 18h00 Matteo Smerlak Uncertain cosmogony.
23 March 2010
  1. 09h30 Pierre Binetruy Multiverses ;
  2. 10h30 Jean Iliopoulos Symmetries ;
  3. 11h30 COFFEE ;
  4. 12h00 Gerard t'Hooft What is an elementary particle ? (tbc) ;
  5. 14h00 Hitoshi Murayama Elementarity and phase transition (tbc) ;
  6. 15h00 Elena Castellani Fundamentality, emergence and scales ;
  7. 16h00 COFFEE ;
  8. 17h00 Yves Couder Path memory and wave-particle duality ;
  9. 18h00 Michel Bitbol On the concept of origin.

24 March 2010

  1. 09h30 Paul Humphreys Synchronic and diachronic fundamentalism ;
  2. 10h30 Christophe Malaterre Chemical evolution and the emergence of biological entities ;
  3. 11h30 Mike Turner Origins in particle physics and cosmology (tbc).

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dimanche 21 février 2010

Le stress et l'avenir d'une illusion

par Didier Toussaint
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Le 1er février, la lutte contre le stress en France aura sa date anniversaire. Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d'entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance.

On ne peut que se réjouir de la prise de conscience à l'endroit de ce fléau bien réel. Mais entre le constat et le diagnostic, il y a un gouffre. A une époque où l'efficience est devenue une religion, on a pris l'habitude de confondre le moyen d'action avec la fin. Or, il faut bien le dire, devant l'inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d'observatoires ou d'indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés.

Le premier d'entre eux est celui du management. On ne cesse d'associer stress et harcèlement, et de voir une cause dans un soi-disant style de management. L'apparence des faits légitime cette analyse, leur réalité l'infirme. Le stress est un symptôme mondial. Les causes en sont connues ; pression exercée sur les salariés au nom de la rentabilité, mondialisation, chômage, sans oublier les sollicitations permanentes d'un temps réel rythmé par les technologies de l'information et de la communication.

Ce qui cesse d'être mondial parce que propre à la France, c'est le thème de la souffrance au travail, popularisé par Christophe Dejours il y a déjà dix ans. La conversion du stress en souffrance est un symptôme national dont la mise en scène s'organise autour d'un pouvoir soupçonné de harcèlement volontaire et d'une victime que cette souffrance pousserait au suicide. Il y a chez nous ce réflexe largement partagé consistant à mettre en accusation des personnes, là où dans des pays comme ceux de l'Europe du Nord, on a conscience que dans un monde qui change très vite, ce sont les structures qui doivent s'adapter en premier. Dans un pays où l'on est convaincu que l'enfer c'est les autres, l'action collective est plus volontiers envisagée sous l'angle d'un huis clos infernal entre personnes que sous son aspect institutionnel.

Le deuxième mythe sur le stress est la question de son coût. On ne cesse d'avancer que l'absentéisme et le manque d'efficacité sont un coût économique, comme si la lutte contre le mal n'allait pas de soi et devait être justifiée. Or, en matière de coût il est préférable de raisonner sur des soldes que sur des postes isolés. L'économie du stress est malheureusement globalement positive, son coût apparent étant largement compensé et dépassé par ses bénéfices. Il suffit pour s'en rendre compte de voir comment un titre s'apprécie en Bourse sur simple annonce d'un plan de licenciement. Tout indique aujourd'hui, dans la vie des affaires, que ce qui pour les personnes est facteur de stress sera pour certaines institutions financières une source de bénéfice dans des proportions qui demeurent largement favorables aux secondes. Il faut voir les choses en face ; ce qui est un coût pour elles, c'est la ressource humaine en tant que telle, et non sa souffrance.

Dernier mythe enfin, celui d'une corrélation entre l'épanouissement des salariés et la rentabilité de l'entreprise. On entend souvent dire qu'une entreprise n'est performante que si ses salariés sont heureux. L'expérience indique systématiquement le contraire. Les exemples ne manquent pas. Renault, à l'ambiance chroniquement tendue depuis l'origine, est le seul des deux survivants français d'un secteur automobile qui comptait plus de cent acteurs au début du XXe siècle. Qui veut croire aujourd'hui qu'Apple, Wall-Mart ou Toyota sont des havres de bonheur ? On ne conteste pas en revanche leur place de leaders.

Il est important de ne pas se tromper de cible. On cherche à mesurer ce qui, au fond, relève de phénomènes à la fois culturels et inconscients. Ce n'est pas seulement en quantifiant les suicides et les risques qui les induisent qu'on parviendra à contenir le mal, même si la démarche est fort utile. Chiffrer, c'est constater, c'est s'en remettre une fois de plus à ce que Robert Musil qualifiait d'arrogant langage des mathématiques. Démonter les mécanismes institués produisant de la souffrance appelle un autre type de langage, celui qui privilégie le sens des faits par rapport à leur mesure.

En France, ce n'est pas tant le stress qui génère de la souffrance que la misère institutionnelle de nos entreprises qui livrent les individus en pâture à des remèdes dont l'apparence technique, sous forme de sondages, questionnaires et formation au management, suffit à les rendre légitimes. Ce sont là des applications maladroites de pratiques anglo-saxonnes qui n'ont de sens que dans leur contexte culturel d'origine. Le choix des moyens présuppose une certaine conscience des fins.

Didier Toussaint est consultant DIT et co-auteur de Vers un autre monde économique (ouvrage collectif), éd. Descartes & Cie, Paris, 2009.



Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 28.01.10.

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mardi 16 février 2010

A partir de l’incomplétude : indécidabilité logique et aléatoire physique

Six cours brefs, ouvert à tous
CNRS et DI, ENS, 45 rue d’Ulm, Paris
Mardi et jeudi
9 et 11, 16 et 18, 23 et 25 mars 2010, 17h – 19h
http://www.di.ens.fr/users/longo/Enseignement/CoursLongoPaul.htm



Présentation :

Poincaré présente son grand théorème de 1890 sur l’imprédictibilité de certaines dynamiques physiques comme “résultat négatif” ; il constitue en fait un passage important pour la compréhension de l’aléatoire classique. Un autre grand “non”, l’incomplétude de tout formalisme suffisamment expressif, est au coeur de l’article de Gödel de 1931 ; la notion d’incomplétude sera utilisé aussi dans un célèbre article d’Einstein, Podolsky et Rosen de 1935 (EPR), au sujet de la Mécanique Quantique. L’aléatoire mathématique (asymptotyque) nous permettra de corréler ces cadres très différents et de poser le problème de l’aléatoire en biologie.

Dans ce mini-cours, ouvert à tous, on se propose de présenter une réflexion philosophique et certains aspects mathématiques de ces incidences de l’incomplétude logique et de l’imprédictibilité physique, comme forme de l’aléatoire, ainsi que quelques résonances contemporaines. Quand au caractère du cours, au-delà de la première séance, totalement informelle, les autres leçons essayeront d’introduire les notations mathématiques utilisées et également d’expliciter les cadres conceptuels et l’impact philosophique des résultats techniques présentés (voir Introduction : L'incomplétude).

Programme :

  1. Mathématiques, physique et philosophie, une introduction :

    Savoir positif et savoir critique ou l’importance des résultats négatifs : du Théorème des Trois Corps de Poincaré à l’incomplétude de Gödel. L’aléatoire et la physique quantique : la question de la mesure. L’alphabet et la détermination : le mythe de la complétude des analyses moléculaires en biologie.


  2. Gödel - Déduction formelle et indécidabilité :

    • codage et représentation : premier théorème d’incomplétude ;

    • codage et cohérence : deuxième théorème d’incomplétude ;

    • le sens et la preuve ; des “philosophies” contre Hilbert : Poincaré, Weyl et Wittgenstein.

  3. Poincaré - l’aléatoire comme imprédictibilité dynamique :

    • L’aléatoire classique entre détermination et mesure. L’aléatoire à la Birkhoff ;

    • L’aléatoire algorithmique, comme forme de l’indécidabilité gödelienne: Poincaré vs. Gödel à la limite asymptotyque.

  4. L’incomplétude en logique, aujourd’hui : l’incomplétude mathématique des formalismes :

    • La forme finie de Friedman du théorème de Kruskal ; le sens et l’ordre, la cognition vs. les ordinaux ;

    • Les théorèmes de normalisation en Théorie des Types et la cohérence de l’analyse.

  5. Einstein - Mécanique quantique et incomplétude :

    • la structure logique et la structure de l’espace dans l’analyse de EPR ;

    • La MQ, est-elle complète ? Le rôle de l’aléatoire et de la mesure, au delà de EPR ;

    • Synthèse : les différentes formes physiques et algorithmiques de l’aléatoire.

  6. Entre physique et biologie :

    • L’état vivant de la matière : l’apport méthodologique de la physique quantique et les dualités théoriques entre physique et biologie. La question de l’aléatoire en biologie ;

    • Quelques extensions théoriques : la criticité étendue et l’anti-entropie. La marche aléatoire de la “complexification” des organismes au cours de l’évolution des espèces.

    (Cette séance pourra être suivi par deux autres, si suffisamment d’élèves et d’étudiants sont intéressés à ces thèmes)

Salles :

Mardi et jeudi 9 et 11, 16 et 18, 23 et 25 mars 2010, 17h – 19h
(les mardis 9, 16, 23 : Salle H. Cartan, étage -2, Maths-Info ; les jeudis 11, 18 et 25 : Salle W, étage 4, escalier B, Maths-Info)

Compléments :

dimanche 7 février 2010

A la Confluence de Deux Cultures - Lupasco Aujourd'Hui

Colloque International
Mercredi 24 mars 2010, 9h-18h
Paris, UNESCO, Salle 9
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Colloque international co-organisé par la Délégation Permanente de la Roumanie auprès de l'UNESCO et le CIRET, avce le soutien de l'Institut Culturel Roumain et de l'association "Les Roumains de France", à l'occasion du Jour de la Francophonie.

Conférenciers invités :
  • Horia-Roman Patapievici (Roumanie)
  • Oana Soare (Roumanie)
  • Pompiliu Craciunescu (Roumanie)
  • Ioan Chirila (Roumanie)
  • Edgar Morin (France), Lupasco et les pensées qui affrontent les contradictions
  • Michel Cazenave (France)
  • Thierry Magnin (France)
  • Jean-Louis Revardel (France)
  • Michel De Caso (France), La mise à jour des Lumières - Tiers Inclus, Niveaux de Réalité et Rectoversion
  • Basarab Nicolescu (France et Roumanie), Interférences : Stéphane Lupasco, André Breton, Salvador Dali, Georges Mathieu, Eugène Ionesco
  • Jean-François Malherbe (Canada et Suisse))
  • Paul Ghils (Belgique)
  • Joseph Brenner (Suisse) – sous réserve, Stéphane Lupasco et la rejonction métalogique

Les communications au colloque de l'UNESCO vont analyser l'impact de la philosophie du tiers inclus de Stéphane Lupasco (1900-1988) dans le monde de la peinture, de la littérature, de l'éthique, de la logique, de la théorie du langage, de la théologie, de la psychanalyse, de l'épistémologie et de la transdisciplinarité.

Le nombre de places est limité à 80, inscription conseillée auprès de Basarab Nicolescu par mail à la condition d'être sûr de sa présence.

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vendredi 5 février 2010

Whitehead : métaphysique du potentiel

Whitehead et les pères fondateurs de la mécanique quantique
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Par Sébastien Poinat



Introduction

Le contraste est frappant entre les textes de Whitehead traitant de la théorie de la relativité et ceux consacrés à la mécanique quantique : autant les premiers sont longs et nombreux, autant les seconds sont rares et, en général, assez brefs. Dans Procès et Réalité, le texte majeur de Whitehead, on ne trouve que quelques allusions aux phénomènes quantiques ; il en va de même des autres ouvrages de Whitehead où les remarques sur la mécanique quantique sont finalement assez marginales. La seule exception concerne La Science et le monde moderne, où un chapitre d’une dizaine de pages est consacré à la mécanique quantique. En revanche, Whitehead mène, à plusieurs reprises, des discussions très serrées de la théorie de la relativité, notamment dans Le Concept de nature et dans La Science et le monde moderne. De même, Whitehead évoque très souvent le nom d’Einstein, à propos de ses travaux sur la relativité, alors que ceux de Bohr, de Heisenberg, ou de Schrödinger n’apparaissent pas dans les ouvrages qu’on vient de citer. Cette absence de mention explicite est d’autant plus remarquable que Whitehead écrit ses principaux ouvrages de philosophie au moment même où la mécanique quantique est en train de naître, c’est-à-dire dans les années 1920–1930.

Toutefois, en suivant les éléments de réflexion donnés par Whitehead à propos de la mécanique quantique, il est possible de tisser des liens avec la nouvelle physique et les scientifiques qui l’ont bâtie. Ces derniers ont en effet été amenés à réfléchir sur des questions que l’on retrouve dans la philosophie de Whitehead : quels sont les composants ultimes de la nature ? Quel est le rapport entre les ondes et les corpuscules ? Qu’est-ce que la réalité ? La mécanique quantique est en effet une théorie physique mais la signification profonde des formules qu’elle contient est si délicate à saisir qu’elle nous oblige à repenser ces grandes questions de métaphy­sique et d’épistémologie.

Ce que nous nous proposons de faire ici, c’est justement d’expliciter ces liens, de construire les éléments d’un débat qui n’eut malheureusement pas lieu directement. Pour cela, nous suivrons progressivement les éléments de réflexion donnés par Whitehead sur la mécanique quantique ; nous pourrons ainsi les confronter aux analyses des pères fondateurs de la mécanique quantique, et voir comment Whitehead se situe dans les débats qui les occupèrent au début du xxe siècle. Insistons sur ce point : il ne s’agira pas ici de faire de nouveaux rapprochements entre la philosophie de Whitehead et la mécanique quantique en général, mais de situer Whitehead par rapport aux physiciens de son époque qui fondèrent la théorie quantique.

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Texte intégral disponible sur le site de Noesis, à : http://noesis.revues.org/index1628.html
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vendredi 11 décembre 2009

« Le Contexte » : Rencontres interdisciplinaires sur les systèmes complexes naturels et artificiels

Rochebrune, 17 au 24 janvier 2010

Soutenu par :
le Réseau National des Systèmes Complexes
Sous l'égide de :
la Conférence Européenne de Vie Artificielle (ECAL)
Appel à Participation

Qu’est-ce que Rochebrune ?

Ce n’est pas par hasard que Rochebrune est essentiellement un lieu. Hors de toutes contraintes institutionnelles, Rochebrune est le lieu du doute et du questionnement de nos pratiques scientifiques en prise avec les systèmes complexes du physique au social, naturels ou artificiels. C’est, de ce fait, un lieu privilégié du dialogue interdisciplinaire qui permet à chacun d’ouvrir ses perspectives en interaction soutenue avec les autres. Ceci ne peut se faire que dans un lieu physique approprié et depuis 1992, il s’agit d’un chalet isolé et chaleureux qui nous accueille au sommet des pistes de Megève créant ainsi le vase clos indispensable à l’alchimie du dialogue.

Le thème

On s’entend généralement à dire qu’un système est complexe si on ne peut pas retirer un composant du système sans que le système change de nature, ou encore qu’un système complexe est plus que la somme de ses parties. Mais que faut-il dire de son contexte ? Peut-on comprendre un système indépendamment de l’environnement dans lequel il est plongé ? Et comment, en fonction de quelles questions et de quels critères, placer la frontière entre intérieur et extérieur du système. Même si la notion de système suppose de l’isoler de son contexte, ce dernier est très vite oublié sauf à travers des « conditions au bord » d’où l’intérêt à le remettre au centre de nos réflexions.

Dans la pure tradition des journées de Rochebrune, cette question transcende les disciplines et il convient donc d’explorer ce que chacune d’entre elles a à en dire afin de construire collectivement une compréhension ou, a minima, une intuition partagée de cette problématique. Traçons quelques déclinaisons possibles :
  • En linguistique, comment rendre compte de la nature dynamique et contextuelle de la construction du sens ? Le contexte est ce qui va avec le texte, ce qui va permettre de construire le parcours interprétatif du texte au sein de pratiques sociales (contraintes spécifiques des genres). Quelle détermination un texte reçoit-il du corpus au sein duquel il est inséré ? La construction du sens qui intervient dans l’actualisation en contexte, celui de la réception par le sujet interprétant, prend alors un caractère foncièrement dynamique. Faut-il embrasser toute la cognition, voire la praxis, humaine ?
  • En recherche-action (c’est-à-dire une recherche couplée à une demande sociétale) se pose la question de l’efficacité de la démarche, la science change-t-elle le cours des choses (ou peut-elle ne pas le faire) ? Que la réponse soit négative ou positive, quel est le rôle du contexte et le rôle du chercheur ?
  • En géographie, peut-on comprendre les objets qui sont les siens hors des relations qu’ils entretiennent avec leur contexte ? De la télédétection aux objets spatialisés, inscrits dans des topologies ou des réseaux, quel est le rôle du contexte pour leur compréhension dans leur structure et leur devenir ?
  • En urbanisme et aménagement du territoire, le contexte est une donnée très importante, pratiquement incontournable dans tout projet d'aménagement : et il est question là tant du contexte technique et institutionnel que du contexte politique et sociétal. Comment comprendre un projet de quartier, ou une émeute urbaine sans le contexte ? Comment interpréter les décisions prises sans les contextualiser, notamment par rapport au calendrier électoral territorial ?
  • La physique a mis des millénaires pour élaborer ses outils mathématiques supposant, le plus souvent, son objet comme fermé. Mais comment traite-elle des systèmes ouverts ?
  • La sociologie et l'économie voit l’éternel débat entre l’individualisme méthodologique supposant l’individu comme premier et le holisme méthodologique instituant le collectif comme premier. Mais l’individu est-il compréhensible hors de son contexte ou en est-il que le producteur ?
  • En informatique et en intelligence artificielle, la question du contexte est également traité que ce soit en sémantique des langages de programmation, en représentation des connaissances sur les contextes (par exemple, dans les logiques modales) et sur les changements de contexte.
  • La psychologie ou la question de la rationalité et du contexte.

Certainement d’autres champs se posent-ils ces mêmes questions. Ainsi Wikipédia cite-t-il encore l’archéologie, les études bibliques, l’art, la publicité, l’intelligence économique et bien d’autres. Nous n’avions pas l’intention d’être exhaustif, d’ailleurs le contexte de cette question est-il dénombrable ?

Inscription

La feuille d'inscription ainsi que le programme est sur le site de Rochebrune :
http://s4.csregistry.org/tiki-index.php?page=rochebrune ATTENTION: le nombre de places est limitée à 40, elles seront octroyées en priorité à ceux qui ont un papier et aux lauréats de la bourse RNSC puis dans l'ordre d'arrivée des inscriptions.

Bourse pour doctorant
Grâce à l'appui financier du RNSC, nous proposons 5 places à des doctorants à 100 euros au lieu de 450 euros. Une lettre de motivation mentionnant, le nom, le laboratoire d'affiliation, le titre de la thèse et un court justificatif devra être envoyé à:
jean-pierre.muller@cirad.fr au plus tard le 21 décembre 2009. Priorité sera donnée à un doctorant qui ne présente pas de papier et un seul par labo. Il s'engage à faire un court exposé sur sa thèse à Rochebrune.

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Jean-Pierre Muller
Senior scientist
CIRAD TA C-47/F
Campus International de Baillarguet
34398 Montpellier cedex 5 - France
e-mail: jean-pierre.muller[at]cirad.fr
tel.: +33 (0)4 67 59 38 28
secr.: +33 (0)4 67 59 39 58
fax: +33 (0)4 67 59 38 27
web:
http://cormas.cirad.fr/

Associate researcher to:
LIRMM
161, rue Ada
34392 Montpellier cedex 5 - France
e-mail:
jean-pierre.muller[at]lirmm.fr
tel.: +33 (0)4 67 41 86 07
web:
http://www.lirmm.fr/~muller
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mardi 8 décembre 2009

École thématique CoPe 2010 (Complexité Plurielle)

Valmeinier,
23-31 Janvier 2010


Les réseaux d'interaction sont des objets d'études conceptuels permettant de représenter la complexité des systèmes que l'on rencontre fréquemment dans la nature et les sociétés humaines. Ces systèmes et ces réseaux sont aujourd'hui au cœur des observations et du développement scientifique de nombreuses disciplines aussi variées que la biologie, la physique, la santé, les sciences humaines et sociales.

Cette école thématique a pour objectif de poser le problème de la modélisation dans ces disciplines grâce à ces outils conceptuels, en les confrontant aux besoins des utilisateurs de modèles, issus de ces disciplines variées. Des exposés généraux seront proposés sur les enjeux, les méthodes et les modèles dans différents cas d'applications (neuroscience, géographie, biologie, sociétés, télécommunications et intelligence ambiante). Des ateliers pratiques seront mis en place et conduiront à des mises en œuvre basées sur la bibliothèque GraphStream
(http://graphstream.sourceforge.org).

Une pré-inscription est disponible sur l'onglet « inscription » à l'adresse suivante :
http://www.cope2010.org

À un tarif de 350 euros, tout compris (inscription à l'école, hébergement, repas, forfait ski, assurance, matériel) excepté le transport.

Le nombre de places disponibles étant restreint à 30 personnes, merci de vous pré-inscrire au plus vite.

Pour toute demande de renseignements supplémentaires, vous pouvez envoyer un mail à l'adresse contact[at]cope2010.org.

L'équipe Cope 2 - LITIS et LMAH, Université du Havre
http://www.cope2010.org
mailto:contact@cope2010.org

Comité d'organisation :

  • M.A. Aziz Alaoui
  • Stefan Balev
  • Cyrille Bertelle
  • Nathalie Corson
  • Antoine Dutot
  • Guilhelm Savin
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mardi 24 novembre 2009

The 19th Advanced Course from the Jean Piaget Archives : « Thinking, Rationality, and Development » (call)

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Geneva, from June 30 to July 2, 2010


Call for abstracts

The Archives Jean Piaget organize from June 30 to July 2, 2010 the 19th Advanced Course. The aim of this biannual conference is to group the best specialists of a domain around a topic that has a particular relevance for Jean Piaget’s theory and developmental psychology. One of the most important aspects of Piaget’s theory has probably been his interest in the development of thinking and reasoning. Describing intellectual development as a progression towards a rational and logical way of thinking, he claimed that far from being a cognitive function among others, reasoning is the same as intelligent thinking. This provocative view was the source of a still-continuing debate about the nature and roots of human rationality. Thus, the next Advanced Course will be entitled Thinking, Reasoning, and Development. A series of 12 one-hour lectures given by the most prominent theorists of the field will offer a panorama of the recent advances in these topics.

The Advanced Course is devoted to any scholar, researcher or student interested in cognitive development, thinking, and reasoning who are invited to submit posters related to these topics.

Please visit our website http://www.archivespiaget.ch/ for registration and submission details, or contact: Cecile.Ballaz@unige.ch

Submission deadline for poster April 17, 2010

Invited speakers :

  • R. Byrne (Trinity College Dublin)
    The rational imagination: How people create alternatives to reality
  • J. Evans (University of Plymouth)
    Dual processes theories of thinking and reasoning: Facts and fallacies
  • V. Girottto (University IUAV of Venice)
    Rational inferences about uncertainty in infancy and childhood
  • U. Goswami (University of Cambridge)
    The development of reasoning by analogy
  • P. Klaczynski (University of Northern Colorado)
    Magical thinking through development: The case of stigmatization
  • H. Markovits (Université du Québec à Montréal)
    The development of abstract conditional reasoning
  • D. Moshman (University of Nebraska)
    Epistemic cognition and development
  • I. Noveck (Université de Lyon 2 - CNRS)
    Linguistic-pragmatics: A way to reunify the fragmented field of reasoning
  • W. F. Overton (Temple University)
    A competence-procedural and developmental approach to logical reasoning
  • V. Reyna (Cornell University)
    Risk, rationality, and development: A Fuzzy-Trace theory approach
  • R. Siegler (Carnegie Mellon University)
    Relations between learning and development
  • P. Barrouillet (Université de Genève)
    Dual processes and mental models in the development of conditional reasoning
Archives Jean Piaget
Uni-Mail
40, bd du Pont d'Arve
1205 Genève
Suisse

Contact : Dr. Cécile Ballaz
Chargée de cours en psychologie
Collaboratrice Scientifique de la Fondation des Archives Jean Piaget

FPSE - Université de Genève
40, bd du Pont d'Arve - 1205 GENEVE
Bureau 41 57

Cecile.Ballaz[at]unige.ch
tel: 4122 - 379 91 25

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