vendredi 6 novembre 2009
La révolution copernicienne du structuralisme
En tant que méthode d'analyse des rapports de parenté, puis des mythes, le structuralisme a été suggéré à Claude Lévi-Strauss par l'exemple de la linguistique saussurienne, à laquelle le linguiste russe Roman Jakobson (qui lui fut présenté par Alexandre Koyré) l'initia à New York, à l'Ecole libre des hautes études, où tous trois avaient trouvé refuge, en 1942.
La linguistique structurale, qui a alors trente années d'expérience derrière elle, lui fournit ce modèle. S'inspirer d'une analyse de la langue qui revient à décomposer celle-ci selon une double articulation - d'abord en monèmes (unités significatives), puis en phonèmes (unités phoniques) - pour montrer que les complexes relations familiales caractéristiques des sociétés sans écriture obéissent, elles aussi, à une logique rigoureuse, et forment de véritables "systèmes" : tel est, dès lors, le projet de Lévi-Strauss. Projet dont Les Structures élémentaires de la parenté - ouvrage publié en 1949 - représente le premier aboutissement.
Une fois revenu en France, Lévi-Strauss entreprend d'appliquer l'instrument structural au déchiffrement des mythes, des rituels et des comportements magico-religieux. Trois livres témoignent de cette extension de la méthode à des objets nouveaux : Anthropologie structurale (1958), Le Totémisme aujourd'hui, et La Pensée sauvage (1962). Ce dernier travail, dirigé contre la conception sartrienne de l'histoire et de la dialectique, est ainsi destiné à enterrer définitivement la notion de "mentalité prélogique" développée par le sociologue et anthropologue Lucien Lévy-Bruhl. Non seulement les peuples sans écriture "pensent" autant que nous, mais leurs modes de pensée révèlent, grâce à l'analyse structurale, des formes d'organisation logique aussi élaborées que les nôtres. Il ne reste plus, pour prouver la validité d'une telle approche, qu'à la mettre à l'épreuve d'un domaine particulièrement riche et confus : celui des mythologies amérindiennes.
Les quatre volumes des Mythologiques (1964-1971), ambitieux monument attestant que l'ensemble des mythes des Indiens d'Amérique constitue un corpus unifié à l'intérieur duquel les variantes elles-mêmes obéissent à des règles, témoignent de la puissance de l'entreprise lévi-straussienne. Ils en montrent, en même temps, les limites. Tous les ethnologues, en effet, sont loin d'être d'accord avec l'interprétation structurale des mythes (jugée trop formelle) ainsi qu'avec la vision (trop apolitique) des sociétés "primitives" que cette interprétation suppose. Certains réprouvent la manière dont Lévi-Strauss, pour mieux fonder "sa" science des mythes, extrait ceux-ci du contexte social dans lequel ils circulent, et les réduit à de pures suites d'unités sémantiques - combinables selon des règles qui, en fin de compte, doivent moins à l'histoire qu'à l'algèbre.
Cet intérêt exclusif porté aux structures des systèmes symboliques (comme si les systèmes en question pouvaient être isolés de leur environnement concret) devient vite le trait majeur du "structuralisme". Du coup, de méthode applicable dans un champ d'objets déterminés (ethnologie ou linguistique), ce dernier se transforme en théorie explicative, quels qu'ils soient. Simultanément, Lévi-Strauss se voit promu au rang de chef de file d'un important mouvement. Innombrables sont, alors, les chercheurs qui suivent son exemple - du moins en France, car les pays anglo-saxons, marqués par leur tradition empiriste, témoignent d'une plus grande méfiance à l'égard du "formalisme" lévi-straussien.
Christian Delacampagne
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 04.11.09.
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dimanche 18 octobre 2009
Benoît Mandelbrot : "Il était inévitable que des choses très graves se produisent"
Benoît Mandelbrot n'est pas certain qu'il le soit davantage aujourd'hui, nous a-t-il confié, lors de son passage à Paris, le 11 octobre, à l'occasion de la projection à Paris du film Fractales, à la recherche de la dimension cachée, dans le cadre du festival international du film scientifique Pariscience.
Dans votre livre, vous dites que "la finance doit abandonner ses mauvaises habitudes et adopter une démarche scientifique". Or il a été dit que la crise était en partie due aux mathématiques financières, avec lesquelles on avait conçu des produits trop sophistiqués dont personne ne mesurait les risques. Qu'en pensez-vous ?
Les gens ont pris une théorie inapplicable - celle de Merton, Black et Scholes, issue des travaux de Bachelier qui datent de 1900 -, et qui n'avait aucun sens. Je l'ai proclamé depuis 1960. Cette théorie ne prend pas en compte les changements de prix instantanés qui sont pourtant la règle en économie. Elle met des informations essentielles sous le tapis. Ce qui fausse gravement les moyennes. Cette théorie affirme donc qu'elle ne fait prendre que des risques infimes, ce qui est faux. Il était inévitable que des choses très graves se produisent. Les catastrophes financières sont souvent dues à des phénomènes très visibles, mais que les experts n'ont pas voulu voir. Sous le tapis, on met l'explosif !
Avez-vous l'impression maintenant que les risques sont mieux pris en compte ?
Il y a quelques jours, j'ai déjeuné avec des dirigeants d'une grande banque américaine. Ils me disent qu'ils sont contents de leurs modèles. Ils ne veulent pas reconnaître qu'ils se sont trompés. J'espère que ce qu'ils me disent n'est pas la réalité. Personne ne les oblige à dire ce qu'ils font réellement. Les financiers sont très attachés à cette théorie d'une simplicité merveilleuse, que l'on peut apprendre en quelques semaines, puis en vivre toute sa vie. Cette théorie a toujours été complètement fausse. Depuis quelques années néanmoins, on m'écoute de plus en plus. Beaucoup de grands banquiers, en privé, me disent que j'ai parfaitement raison, mais ils estiment que ce n'est pas dans leur rôle de prendre parti.
En 2004, quelques années après l'éclatement de la bulle Internet, vous demandiez qu'une petite fraction des budgets de recherche et développement des grandes institutions financières de Wall Street soit consacrée à la recherche fondamentale. Avez-vous été entendu ?
Aujourd'hui, la plupart de ces compagnies ont renvoyé leurs chercheurs. Alors la question est de savoir à quelle théorie ils se fient ? A celle du doigt mouillé ? Je ne sais pas.
Mais vos élèves sont-ils maintenant davantage prisés ?
Plusieurs de mes élèves, parmi les premiers, ont changé d'avis après leur thèse. Ils ont fait de très belles carrières, en niant ce qu'ils avaient affirmé dans leur thèse. Donc, je n'ai pas beaucoup de disciples. Beaucoup de jeunes étaient intéressés, mais ils trouvaient cela dangereux.
Parce que vous n'étiez pas reconnu par l'establishment ?
C'est cela.
Aux Etats-Unis. Mais est-ce aussi le cas en Europe, en Asie ?
C'est très difficile de le savoir. En un sens, le monde est très unifié ; en un sens, il ne l'est pas. Je sais que mon livre s'est très bien vendu au Japon. Au point qu'ils ont ressorti mes livres antérieurs. La France est moins active à cet égard. L'école de mathématique financière n'a pas changé. Elle est le fait de gens très estimables, de très bons mathématiciens, mais ils sont satisfaits de leur manière de faire et je ne suis pas écouté. En Allemagne, la chancelière (Angela Merkel) avait, paraît-il, mon livre sur sa table de chevet ! Un grand quotidien m'a fait très bien connaître dans ce pays !
Quel est le sujet du livre sur lequel vous travaillez actuellement ?
On m'a demandé d'écrire mon autobiographie. L'influence extraordinaire de mon année de naissance, 1924, qui a fait que j'étais adolescent pendant la guerre, dans des conditions rocambolesques, et que j'ai survécu. Cela m'a rendu extrêmement indépendant. Je n'appartiens à aucune école. J'en ai créé une. Mais elle est indépendante des puissances et des intérêts.
Propos recueillis par Annie Kahn
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 17.10.09.
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mercredi 16 septembre 2009
Alan Turing ou la difficile réhabilitation de la mémoire d'un pionnier de l'informatique
Alan Turing, né en 1912, est l'un des plus grands mathématiciens britanniques. Pionnier de l'informatique, il est notamment connu pour avoir contribué à décrypter les communications codées utilisées par l'armée allemande durant la seconde guerre mondiale, ainsi que pour ses travaux sur les premiers ordinateurs et sur l'intelligence artificielle. Mais après-guerre, le brillant scientifique perd tout, ou presque : la révélation de son homosexualité – qui constituait à l'époque un délit en Grande-Bretagne – ruine sa carrière. Il est condamné en 1952 à la castration chimique et est banni du complexe militaire où il travaillait. Il continue à travailler sur des modèles mathématiques, mais deux ans plus tard, il se suicide en mangeant une pomme empoisonnée.
Réhabilitation Posthume
Depuis, le scientifique a été réhabilité. Depuis 1966 – un an avant la légalisation totale de l'homosexualité au Royaume-Uni – un "prix Turing", souvent appelé "Nobel de l'informatique", est attribué par l'Association for Computing Machinery. Une statue du mathématicien a été érigée en 2001 à Manchester. Mais pour John Graham-Cumming, l'informaticien britannique qui a lancé la pétition, c'est insuffisant. "Le sort qui a été réservé à Alan Turing est affligeant. Nous avons perdu un grand homme, mort à 41 ans alors qu'il avait probablement beaucoup de grandes choses à accomplir (...). S'il n'était pas mort si jeune, il aurait probablement été fait chevalier", écrit-il sur son blog.
La pétition, qui avait commencé modestement, a reçu le soutien de plusieurs scientifiques, dont le généticien Richard Dawkins, mais aussi de l'auteur Ian McEwan et de plusieurs militants des droits des homosexuels. Pourtant, même John Graham-Cumming est peu optimiste sur les chances d'obtenir des excuses officielles. Il espère que cette campagne permettra au moins de mieux faire connaître l'œuvre de Turing, et d'attirer l'attention des britanniques sur la situation de Bletchley Park, l'ancien complexe secret où travaillait le mathématicien durant la guerre, devenu un musée de l'informatique et aujourd'hui en grande difficulté financière.
L'Héritage De Bletchley Park
Au cœur de la guerre, plus de neuf mille personnes travaillaient à Bletchley Park, dans le plus grand secret. C'est là que les codes secrets utilisés par les marines de guerre allemandes et japonaises furent décryptés, dont le célèbre code "Enigma", que la marine allemande pensait inviolable, contribuant largement à la victoire des alliés. Après-guerre, le site est reconverti en centre de formation : jusqu'en 1970, les anciens employés ne sont même pas autorisés à parler de leurs anciennes fonctions. En 1991, alors que le site menace d'être détruit pour laisser place à des habitations, une association d'anciens employés et de passionnés se monte pour tenter de sauver ce qui peut l'être et d'y créer un musée de l'informatique, qui ouvrira ses portes trois ans plus tard.
Depuis, l'association fonctionne avec très peu de moyens ; English Heritage, l'équivalent britannique des monuments historiques français, a accordé ces dernières années deux subventions exceptionnelles d'un million de livres au total pour des travaux urgents de réparation. Mais l'association estime qu'il lui faudrait 250 000 livres par an pendant trois à cinq ans pour atteindre l'autosuffisance économique et assurer la pérennité du site. Une autre pétition au premier ministre lancée en ce sens avait rassemblé vingt et un mille signatures l'an dernier mais le gouvernement, tout en reconnaissant l'importance historique de Bletchley Park, avait estimé qu'il n'avait pas les moyens de le soutenir davantage.
Damien Leloup
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 31.08.09.
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mardi 15 septembre 2009
Gordon Brown présente des excuses posthumes au mathématicien Alan Turing
"Bien que Turing ait été traité selon la loi de l'époque et que nous ne puissions pas remonter le temps, ce qu'on lui a fait était bien entendu totalement injuste", écrit Gordon Brown. "Il n'est pas exagéré de dire que, sans sa contribution hors du commun, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait pu être très différente", poursuit-il. Depuis plusieurs mois, une pétition au premier ministre demandait des excuses du gouvernement. Elle a été signée par plus de 30 000 personnes et soutenue par plusieurs personnalités du monde de la culture, des sciences et des militants des droits des homosexuels.
Peter Tatchell, militant du groupe Outrage!, qui lutte contre les discriminations faites aux homosexuels, a salué le geste de Gordon Brown, mais estimé qu'il ne s'agissait que d'un premier pas. "Traiter Turing comme un cas particulier, simplement parce qu'il est célèbre, est injuste", estime-t-il. Environ 100 000 Britanniques ont été condamnés à la castration chimique, estime son association, jusqu'au vote du Sexual Offences Act, en 1967, qui légalisait les rapports sexuels entre hommes. L'homosexualité féminine n'était, quant à elle, pas punie par la loi.
Dépêche AFP paru dans l'édition du journal Le Monde du 14.09.09.
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vendredi 4 septembre 2009
Questions ouvertes à Michel Bitbol
Suite à une présentation succincte des fondements de la Mécanique Quantique, visant l’accessibilité des concepts principaux au plus grand nombre, nous avons abordé sous forme d’un dialogue les dimensions épistémologiques et gnoséologiques des théories quantiques de l’information.
Ce dialogue, centré autour des notions de corrélation, d'information et de boucle, avait pour but d’expliquer comment celles-ci s'inscrivent dans un programme d'étude de la cognition, notamment celui de l'énaction, en apportant des éléments de réponse quant à la modélisation de processus émergents, inaccessibles dans le cadre causaliste standard.
Au cours de celui-ci nous aurons abordé :
1. Les notions fondamentales de Mécanique Quantique ;
2. L’enjeu épistémologique de la Mécanique Quantique ;
3. Information (corrélation) et cognition.
Diaporama de l'intervention au format pdf.
Références utilisées :
- Bitbol, M. (1997), En quoi consiste la "révolution quantique" ? Revue Internationale de Systémique, 11-2 (pp. 215-239) à http://pagesperso-orange.fr/michel.bitbol/revolquant.html
- Bitbol, M. (2000), Physique quantique et cognition. Revue Internationale de Philosophie, 212 (pp. 299-328) à http://liris.cnrs.fr/enaction/docs/documents2009/quantique-cognition.pdf
- Bitbol, M. (2001), Relations et corrélations en physique quantique. In : Un siècle de quanta, EDP-Sciences (pp. 159-181).
- Bitbol, M., Note sur Max Planck à http://pagesperso-orange.fr/michel.bitbol/planck.html
- Grinbaum, A. (2004), Le rôle de l'information dans la théorie quantique. Thèse de doctorat, Paris : École Polytechnique à http://www.imprimerie.polytechnique.fr/Theses/Files/Grinbaum.pdf
- Lupasco, S. (1987), Le principe d'antagonisme et la logique de l'énergie. Monaco : Le Rocher.
- Lyotard, J.-F. (2004), La phénoménologie. Coll. Que sais-je ? Paris : PUF
- Mugur-Schächter, M. (1997), Les leçons de la Mécanique Quantique : vers une épistémologie formalisée. Le Débat, 94 (Mars-Avril), Paris : Gallimard à http://www.mugur-schachter.net/pdf/lecons.pdf
- Nicolescu, B. (2000), Transdisciplinarity and complexity : Levels of reality as source of indeterminacy. In B. Nicolescu (Ed.), Rencontres transdisciplinaires, bulletin n°5 – Niveaux de réalité. Paris : CIRET à http://nicol.club.fr/ciret/bulletin/b15/b15c4.htm
- Paul, T. (2008), A propos du formalisme mathématique de la Mécanique Quantique. In : Logique & Interaction : Géométrie de la cognition. Actes du colloque et école thématique du CNRS « Logique, Sciences, Philosophie » de Cerisy, Paris : Hermann à http://www.dma.ens.fr/~paul/ceri.pdf
- Rovelli, C. (1996). Relational quantum mechanics. International Journal of Theoretical Physics, 35 (8), (pp. 1637-1678) à http://arxiv.org/PS_cache/quant-ph/pdf/9609/9609002v2.pdf
- Varela, F. J., Thomson, E., Rosch, E. (1993), L’inscription corporelle de l’esprit. Sciences cognitives et expérience humaine. Paris : Seuil.
- Zeilinger, A. (1999), A Foundational Principle for Quantum Mechanics. Foundations of Physics, 29-4 (pp. 631-643) à http://www.quantum.at/fileadmin/quantum/documents/A_Foundational_Principle_for_Quantum_Mechanics.pdf
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dimanche 21 juin 2009
Le secret était presque parfait : la cryptographie quantique n’est pas invulnérable
Considérée comme le “Saint Graal” de la sécurité informatique, à même de révolutionner la manière dont on peu, ou pas, garantir le secret des télécommunications, la cryptographie quantique est à double facette. Du côté de la cryptanalyse (l’art de casser les codes secrets), elle devrait permettre de casser les systèmes de chiffrement utilisés aujourd’hui, et réputés inviolables. Pour ce qui est de la cryptographie (l’art de chiffrer les messages), elle devrait permettre à deux interlocuteurs de communiquer en toute sécurité, mais aussi de pouvoir démasquer toute tentative d’espionnage.
Expérimentée depuis des années dans des laboratoires de R&D, et commercialisée depuis peu, le New Scientist rapporte que des chercheurs ont démontré que la cryptographie quantique n’était pas exempte de vulnérabilités, pire, qu’on pouvait la casser.
En informatique quantique, il suffit en effet de consulter une donnée pour que celle-ci s’en trouve modifiée, ce qui permet de savoir si un message a, ou non, été espionné.
Or, l’an passé, Vadim Makarov, du Quantum Hacking group de l’université des sciences et technologies de Norvège, a démontré qu’il était possible d’intercepter, sans laisser de traces, les messages échangés par deux des trois systèmes quantiques généralement utilisés.
Plutôt que d’espionner le canal de communication -ce qui aurait laissé des traces-, Makarov et deux autres chercheurs se sont attaqués à la machine même, qu’ils sont parvenus à “aveugler” (si l’on peut dire) au moyen de flashs laser.
Hoi-Kwong Lo, professeur d’informatique quantique à l’université de Toronto, a lui aussi identifié des imperfections dans le système (presque) parfait commercialisé par ID Quantique, le leader mondial de la cryptographie quantique qui avait été fortement médiatisé lorsqu’il avait, l’an passé, été utilisé pour sécuriser une expérimentation de vote électronique en Suisse.
Hoi-Kwong Lo est en effet parvenu à exploiter des failles dans le procédé de sorte de pouvoir espionner 4% environ des communications “sécurisées“.
La faille a depuis été corrigée, mais selon Vadim Makarov, l’émergence des ordinateurs quantiques augmentera la charge de travail des professionnels de la sécurité informatique : “Hackers et chercheurs ont le devoir de scruter autant que possible les implémentations commerciales de la cryptographie quantique. Toute implémentation d’un dispositif de sécurité, classique ou quantique, peut contenir une faille non-identifiée”.
Le propos tient du bon sens, encore fallait-il le rappeler, et le démontrer. Or, jusqu’à présent, la crypto quantique nous était présentée comme un horizon de sécurité indépassable. Certes, l’informatique quantique représente un réel changement de paradigme. Mais tant que ce seront des êtres humains qui concevront les dispositifs, fabriqueront les machines et les utiliseront, il y aura toujours des erreurs d’implémentation, ou d’utilisation.
C’est bien connu : l’erreur est humaine, et d’un point de vue informatique, souvent située entre la chaise et le clavier. La ritournelle bien connue de l’escalade sécuritaire n’est pas prête de s’arrêter, comme le résume Hoi-Kwong Lo : “nous aurons tout autant besoin de hackers quantiques que de cryptographes quantiques“.
Jean-Marc Manach
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 19.06.09.
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dimanche 14 juin 2009
Changer le rapport de l'homme à la nature n'est qu'un début
Le succès Vert, en France, aux élections européennes ne doit être ni surestimé ni sous-estimé. Il ne doit pas être surestimé, car il résulte en partie de la carence du Parti socialiste, de la faible crédibilité du MoDem et des petites formations de gauche. Il ne doit pas être sous-estimé, car il témoigne aussi du progrès politique de la conscience écologique dans notre pays.
Mais ce qui demeure insuffisant, c'est la conscience de la relation entre politique et écologie. Certes, très justement, Daniel Cohn-Bendit parle au nom d'une écologie politique. Mais il ne suffit pas d'introduire la politique dans l'écologie ; il faut aussi introduire l'écologie dans la politique. En effet, les problèmes de la justice, de l'Etat, de l'égalité, des relations sociales, échappent à l'écologie. Une politique qui n'engloberait pas l'écologie serait mutilée, mais une politique qui se réduirait à l'écologie serait également mutilée.
L'écologie a le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la nature. Certes, cette modification est loin d'être accomplie. A la vision d'un univers d'objets que l'homme est destiné à manipuler et à asservir ne s'est pas encore vraiment substituée la vision d'une nature vivante dont il faut respecter les régulations et les diversités.
A la vision d'un homme "sur-naturel" ne s'est pas encore substituée la vision de notre interdépendance complexe avec le monde vivant, dont la mort signifierait notre mort. L'écologie politique a de plus le mérite de nous amener à modifier notre pensée et notre action sur la société et sur nous-mêmes.
En effet, toute politique écologique a deux faces, l'une tournée vers la nature, l'autre vers la société. Ainsi, la politique qui vise à remplacer les énergies fossiles polluantes par des énergies propres est en même temps un aspect d'une politique de santé, d'hygiène, de qualité de la vie. La politique des économies d'énergie est en même temps un aspect d'une politique évitant les dilapidations et luttant contre les intoxications consuméristes des classes moyennes.
La politique faisant régresser l'agriculture et l'élevage industrialisés, et par là dépolluant les nappes phréatiques, détoxiquant l'alimentation animale viciée d'hormones et d'antibiotiques, l'alimentation végétale imprégnée de pesticides et d'herbicides, serait en même temps une politique d'hygiène et de santé publiques, de qualité des aliments et de qualité de la vie. La politique visant à dépolluer les villes, les enveloppant d'une ceinture de parkings, développant les transports publics électriques, piétonnisant les centres historiques, contribuerait fortement à une réhumanisation des villes, laquelle comporterait en outre la réintroduction de la mixité sociale en supprimant les ghettos sociaux, y compris les ghettos de luxe pour privilégiés.
En fait, il y a déjà dans la deuxième face de l'écologie politique une part économique et sociale (dont les grands travaux nécessaires au développement d'une économie verte, y compris la construction de parkings autour des villes). Il y a aussi quelque chose de plus profond, qui ne se trouve encore dans un aucun programme politique, c'est la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie.
Mais cette deuxième face n'est pas encore assez développée dans l'écologie politique.
Tout d'abord, celle-ci n'a pas assimilé le second message, de fait complémentaire, formulé à la même époque que le message écologique, au début des années 1970, celui d'Ivan Illitch. Celui-ci avait formulé une critique originale de notre civilisation, montrant combien un mal-être psychique accompagnait les progrès du bien-être matériel, comment l'hyperspécialisation dans l'éducation ou la médecine produisait de nouveaux aveuglements, combien il était nécessaire de régénérer les relations humaines dans ce qu'il appelait la convivialité. Alors que le message écologique pénétrait lentement la conscience politique, le message illitchien restait confiné.
C'est que les dégradations du monde extérieur devenaient de plus en plus visibles, alors que les dégradations psychiques semblaient relever de la vie privée et demeuraient invisibles à la conscience politique. Le mal-être psychique relevait et relève encore des médecines, somnifères, antidépresseurs, psychothérapies, psychanalyses, gourous, mais n'est pas perçu comme un effet de civilisation.
Le calcul appliqué à tous les aspects de la vie humaine occulte ce qui ne peut être calculé, c'est-à-dire la souffrance, le bonheur, la joie, l'amour, bref, ce qui est important dans nos vies et qui semble extra-social, purement personnel. Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l'immense besoin d'amour de l'espèce humaine perdue dans le cosmos ?
Une politique intégrant l'écologie dans l'ensemble du problème humain affronterait les problèmes que posent les effets négatifs, de plus en plus importants par rapport aux effets positifs, des développements de notre civilisation, dont la dégradation des solidarités, ce qui nous ferait comprendre que l'instauration de nouvelles solidarités est un aspect capital d'une politique de civilisation.
L'écologie politique ne saurait s'isoler. Elle peut et doit s'enraciner dans les principes des politiques émancipatrices qui ont animé les idéologies républicaine, socialiste puis communiste, et qui ont irrigué la conscience civique du peuple de gauche en France. Ainsi, l'écologie politique pourrait entrer dans une grande politique régénérée, et contribuer à la régénérer.
Une grande politique régénérée s'impose d'autant plus que le Parti socialiste est incapable de sortir de sa crise. Il s'enferme dans une alternative stérile entre deux remèdes antagonistes. Le premier est la "modernisation" (c'est-à-dire le ralliement aux solutions techno-libérales), alors que la modernité est en crise dans le monde. L'autre remède, le gauchissement, est incapable de formuler un modèle de société. Le gauchisme aujourd'hui souffre d'un révolutionnarisme privé de révolution. Il dénonce justement l'économie néolibérale et les déchaînements du capitalisme, mais il est incapable d'énoncer une alternative. Le terme de "parti anticapitaliste" trahit cette carence.
Si l'écologie politique porte sa vérité et ses insuffisances, les partis de gauche portent, chacun à leur façon, leurs vérités, leurs erreurs et leurs carences. Tous devraient se décomposer pour se recomposer dans une force politique régénérée qui pourrait ouvrir des voies. La voie économique serait celle d'une économie plurielle. La voie sociale serait celle de la régression des inégalités, de la débureaucratisation des organisations publiques et privées, de l'instauration des solidarités. La voie pédagogique serait celle d'une réforme cognitive, qui permettrait de relier les connaissances, plus que jamais morcelées et disjointes, afin de traiter les problèmes fondamentaux et globaux de notre temps.
La voie existentielle serait celle d'une réforme de vie, où viendrait à la conscience ce qui est obscurément ressenti par chacun, que l'amour et la compréhension sont les biens les plus précieux pour un être humain et que l'important est de vivre poétiquement, c'est-à-dire dans l'épanouissement de soi, la communion et la ferveur.
Et s'il est vrai que le cours de notre civilisation, devenue mondialisée, conduit à l'abîme et qu'il nous faut changer de voie, toutes ces voies nouvelles devraient pouvoir converger pour constituer une grande voie qui conduirait mieux qu'à une révolution, à une métamorphose. Car, quand un système n'est pas capable de traiter ses problèmes vitaux, soit il se désintègre, soit il produit un métasystême plus riche, capable de les traiter : il se métamorphose.
L'inséparabilité de l'idée du cheminement réformateur et d'une métamorphose permettrait de concilier l'aspiration réformatrice et l'aspiration révolutionnaire. Elle permettrait la résurrection de l'espérance sans laquelle aucune politique de salut n'est possible.
Nous ne sommes même pas au commencement de la régénération politique. Mais l'écologie politique pourrait amorcer et animer le commencement d'un commencement.
Edgar Morin est sociologue, auteur notamment de Pour entrer dans le XXIe siècle (Seuil, 2004).
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 12.06.09.
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mercredi 10 juin 2009
Nous devons repenser la notion de progrès
Bien avant que la crise économique ne fasse redécouvrir les vertus de la régulation aux gouvernements des grandes puissances mondiales, l'Indien Amartya Sen, Prix Nobel d'économie en 1998, faisait partie des quelques économistes à défendre le rôle de l'Etat contre la vague libérale. Ses travaux ont démontré que les famines étaient créées par l'absence de démocratie plus que par le manque de nourriture. On lui doit l'invention, avec Mahbub Ul Haq, en 1990, de l'indice de développement humain (IDH), qui intègre, en plus du niveau de revenu par habitant, les questions de santé et d'éducation.
C'est à ce titre que M. Sen, âgé de 75 ans et professeur à Harvard (Etats-Unis), a été invité par Nicolas Sarkozy à participer à la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, qui doit proposer avant fin juillet de nouveaux indicateurs économiques, sociaux et environnementaux destinés à compléter le produit intérieur brut (PIB). Des indicateurs qui ne sont que des instruments au service du débat public, pour l'économiste dont le prochain livre, The Idea of Justice, doit être publié en France cet automne.
La crise économique est-elle l'occasion de revoir notre modèle de croissance ?
C'est certainement une opportunité de le faire, et j'espère en tout cas qu'on ne reviendra pas au "business as usual" une fois le séisme passé. La crise est le produit des mauvaises politiques économiques, particulièrement aux Etats-Unis. Les outils de régulation ont été démolis un par un par l'administration Reagan jusqu'à celle de George Bush. Or le succès de l'économie libérale a toujours dépendu, certes, du dynamisme du marché lui-même, mais aussi de mécanismes de régulation et de contrôle, pour éviter que la spéculation et la recherche de profits conduisent à prendre trop de risques.
Est-ce seulement une question de régulation, ou faut-il repenser plus largement les notions de progrès et de bonheur ?
Oui, il faut les repenser. Mais le bonheur et la régulation sont des questions liées. Penser au bonheur des gens, mais aussi à leur liberté, à leur capacité à vivre comme des êtres doués de raison, capables de prendre des décisions, cela revient à se demander comment la société doit être organisée. Si vous pensez que le marché n'a pas besoin de contrôle, que les gens feront automatiquement les bons choix, alors vous ne vous posez même pas ce genre de question. Si vous êtes préoccupés par la liberté et le bonheur, vous essayez d'organiser l'économie de telle sorte que ces choses soient possibles. Quelles régulations voulons-nous ? Jusqu'à quel point ? Voilà les questions importantes dont nous devons discuter collectivement.
Faut-il pour cela développer d'autres outils de mesure que le PIB, qui fait débat ?
C'est absolument nécessaire. Le PIB est très limité. Utilisé seul, c'est un désastre. Les indicateurs de production ou de consommation de marchandises ne disent pas grand-chose de la liberté et du bien-être, qui dépendent de l'organisation de la société, de la distribution des revenus. Cela dit, aucun chiffre simple ne peut suffire. Nous aurons besoin de plusieurs indicateurs, parmi lesquels un PIB redéfini aura son rôle à jouer.
Les indicateurs reflètent l'espérance de vie, l'éducation, la pauvreté, mais l'essentiel n'est pas de les mesurer, c'est de reconnaître que ni l'économie de marché ni la société ne sont des processus autorégulés. Nous avons besoin de l'intervention raisonnée de l'être humain. C'est ce pourquoi la démocratie est faite. Pour discuter du monde que nous voulons, y compris en termes de régulation, de système de santé, d'éducation, d'assurance chômage... Le rôle des indicateurs est d'aider à porter ces débats dans l'arène publique, ce sont des outils pour la décision démocratique.
L'indice de développement humain (IDH) peut-il être un de ces indicateurs ?
L'IDH a été au départ conçu pour les pays en développement. Il permet de comparer la Chine, l'Inde, Cuba... Il donne aussi des résultats intéressants avec les Etats-Unis, principalement parce que le pays n'a pas d'assurance santé universelle et est marqué par de fortes inégalités. Mais nous avons besoin d'autres types d'indicateurs pour l'Europe et l'Amérique du Nord, sachant que ce ne seront jamais des indicateurs parfaits.
Quand vous avez construit l'IDH, la crise environnementale n'était pas perçue dans toute sa gravité. Modifie-t-elle votre vision de la lutte contre la pauvreté ?
Le déclin de l'environnement affecte nos vies. De façon immédiate, dans notre quotidien, mais il affecte aussi les possibilités du développement à plus long terme. L'impact du changement climatique est plus fort sur les populations les plus pauvres. Prenez l'exemple de la pollution urbaine : ceux qui souffrent le plus sont ceux qui vivent dans la rue. La plupart des indicateurs de pauvreté ou de qualité de la vie sont sensibles à l'état de l'environnement. Voilà pourquoi il est important que les questions de pauvreté, d'inégalités soient prises en compte dans les négociations climatiques internationales.
Comment faire ?
Il faut que les pays les plus pauvres soient représentés dans les instances de négociation. L'élargissement du G8 à vingt pays marque un vrai progrès. Les points de vue de la Chine, de l'Inde, de l'Afrique du Sud et de quelques autres pays émergents sont maintenant pris en compte. Mais il n'est pas suffisant de donner la parole à ceux qui ont le mieux réussi. Ils ne portent pas les préoccupations des plus pauvres. L'Afrique reste trop négligée. Le rôle de l'Assemblée générale des Nations unies doit être renforcé. C'est le seul lieu où, quel que soit son poids économique, un pays peut s'exprimer à égalité avec les autres.
Vos travaux sur la résolution des famines grâce à la démocratie s'appliquent-ils à la crise alimentaire actuelle ?
La démocratie permet d'éviter les famines, car c'est un phénomène contre lequel il est assez facile de mobiliser l'opinion. A partir du moment où l'Inde a eu un gouvernement démocratique, en 1947, elle n'a plus connu de famine. En revanche, la démocratie ne suffit pas à enrayer la malnutrition, qui est un phénomène plus complexe. Il faut un engagement très fort des partis politiques et des médias pour attirer l'attention sur ces questions et créer un débat public.
Etes-vous inquiet de voir les surfaces destinées aux agrocarburants s'accroître au détriment des cultures alimentaires ?
Oui, je suis inquiet de voir combien il peut être plus rentable d'utiliser la production agricole pour fabriquer de l'éthanol que pour nourrir des gens. La crise alimentaire ne s'explique pas de façon malthusienne - ce n'est pas un problème en soi de nourrir 6 milliards ou 9 milliards de personnes. Les raisons de la pénurie sont plus complexes. Je pense notamment à la compétition entre les différents usages de la terre, mais aussi à l'évolution du régime alimentaire en Inde et en Chine, où la demande de nourriture par habitant s'accroît.
Vous dénoncez une approche coercitive des politiques démographiques. Pourquoi ?
Il y a deux façons de voir l'humanité : comme une population inerte, qui se contente de produire et de consommer pour satisfaire des besoins ; ou comme un ensemble d'individus doués de la capacité de raisonner, d'une liberté d'action, de valeurs. Les malthusiens appartiennent à la première catégorie : ils pensent par exemple que pour résoudre les problèmes de surpopulation, il suffit de limiter le nombre d'enfants par famille. Plusieurs pays ont essayé et ils n'ont pas eu beaucoup de succès.
Le cas de la Chine est plus complexe qu'il n'y paraît : on accorde selon moi trop de crédit à la politique de l'enfant unique, alors que les programmes en faveur de l'éducation des femmes, l'accès à l'emploi ont certainement fait autant pour la maîtrise de la croissance démographique. Et n'oublions pas que, pour Malthus, à la fin du XVIIIe siècle, un milliard d'humains sur Terre, c'était déjà trop !
Propos recueillis par Grégoire Allix et Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du journal Le Monde du 08.06.09.
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dimanche 31 mai 2009
Mécanique Quantique pour tous

EAN : 9782868836045
Réf. : L6046
Nature/Format : Livre/150 x 215
Nombre de pages : 182 pages
Prix : 19€ (TVA = 5.5 %)
Parution : 01.01.2003
mardi 19 mai 2009
MajecSTIC 2009 : 7ème MAnifestation des JEunes Chercheurs en Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (appel)
- Date limite de soumission reportée au 29 mai 2009 ;
- Les articles déjà soumis peuvent être modifiés jusqu'à cette date ;
- (Les auteurs n'ayant pas rempli de déclaration d'intention sont également invités à soumettre leurs articles).
PRESENTATION
MajecSTIC est une série de conférences organisées par des doctorants pour les chercheurs débutants (Master 2, doctorants, post-docs, ATER, ...), dans les domaines des Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (STIC).
MajecSTIC vise à fournir un lieu d'échange scientifique autour de divers travaux des domaines des STIC. De plus, elle permet la rencontre de chercheurs débutants, futurs acteurs de collaborations entre laboratoires de recherche, partenaires industriels, ...
La pluridisciplinarité offre à chacun la possibilité de s'ouvrir à d'autres domaines, les soumissions exigeant une part de vulgarisation afin d'être accessibles au plus grand nombre de chercheurs en STIC.
DATES IMPORTANTES
- Clôture des soumissions : 29 mai 2009
- Notification aux auteurs : 08 juillet 2009
- Réception des versions définitives : 09 septembre 2009
SOUMISSIONS
MajecSTIC 2009 accepte deux types de propositions d'articles : articles longs et articles courts. Les premiers donneront lieu à une présentation de 20 minutes suivie de questions, les seconds à la présentation d'un poster lors d'une session interactive dédiée. Les communications présentées à MajecSTIC 2009 seront disponibles sur un site Web, les actes seront édités et distribués à tous les participants.
Le public visé est un public de chercheurs débutants issus de tous les domaines des STIC. Il est donc conseillé de structurer son article en deux parties : une première partie accessible à tout titulaire d'un Master 2 en STIC doit présenter clairement la problématique, sa pertinence et l'originalité de l'approche par rapport à l'état de l'art, tandis qu'une deuxième partie peut être plus technique et s'adresser à des spécialistes du domaine.
Les articles longs ne devront pas dépasser 8 pages, tandis que les courts seront rédigés sur 4 pages. Ils devront respecter le style fourni sur le site (LaTeX - recommandé, OpenOffice.org ou Word). La langue officielle est le français, toutefois les publications en anglais sont acceptées si les chercheurs n'étaient pas originaires d'un pays francophone avant de commencer leur thèse.
Chaque proposition sera évaluée par au moins deux spécialistes du domaine considéré. Un spécialiste d'un autre domaine évaluera de plus son accessibilité.
Les soumissions se feront sur le site de la conférence :http://majecstic2009.univ-avignon.fr
DEROULEMENT DE LA CONFERENCE
La conférence se tiendra sur 3 jours dans les locaux de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Outre les présentations des participants et les sessions posters, des personnalités issues du monde académique et industriel animeront des conférences pleinières. De plus, un forum d'entreprises sera organisé, permettant ainsi la rencontre entre chercheurs et industriels.
Toutes les informations pratiques concernant le déroulement de la conférence seront disponibles sur le site.
CONTACT
Pour plus de renseignements, vous pouvez envoyer un mail à : contact.majecstic2009[à]univ-avignon.fr
THEMATIQUES
Les thématiques pouvant être retenues pour MajecSTIC 2009 sont toutes celles ayant trait aux Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication. Pour information, voici une liste des thématiques possibles, non-exhaustive et ne traduisant aucune priorité entre les différents thèmes. Si vous avez un doute quant à l'adéquation entre vos travaux et les thématiques de la conférence, n'hésitez pas à nous contacter.
- Application des STIC (Supports et circulation de la connaissance, Usage des outils technologiques et comportements sociaux, STIC dans l'Enseignement, Aide au handicap, Traitement automatique des langues, ...) ;
- Électronique, Automatique, Robotique (Modélisation et commande des ystèmes continus discrets et hybrides, Technologies microélectroniques, Micro-technologies, ...) ;
- Extraction et Gestion des connaissances (Entrepôt de données, Fouille de données, Indexation, Recherche d'information, Traitementdes langues naturelles, ...) ;
- Génie logiciel (Langages de spécification et de programmation, Méthodes de validation, Sécurité logicielle, Modélisation, ...) ;
- Gestion de données contextuelles (Bio-informatique, Système d'Information Géographique, Biométrie, Analyse spatiale, ...) ;
- Imagerie (Architecture et Traitement des Images Spatio-temporelles, Mouvement, Vision par ordinateur, Télédétection, Imagerie médicale, Réalité virtuelle, ...) ;
- Informatique théorique et fondamentale (Théorie de l'information, Théorie de la complexité, Théorie des langages, Traitement du signal, Logique, Théorie des graphes, Théorie des jeux, Cryptologie/graphie, ...) ;
- Intelligence artificielle (Reconnaissance des formes, Systèmes multi-agents, ...)
- Interfaces utilisateurs (IHM, Domotique, ...) ;
- Recherche opérationnelle (Aide à la décision, Optimisation, Ordonnancement, Analyse multi-critères, Problèmes de transport, ...) ;
- Réseaux (Protocoles et transmission, Gestion des ressources, Sécurité, ...) ;
- Systèmes informatiques (Systèmes répartis, Systèmes à grande échelle et p2p, Systèmes d'information à grande échelle et technologies du web, Systèmes embarqués, Informatique ubiquitaire, Sécurite etcontrôle d'accès, ...) ;
- Traitement du signal (Détection, Estimation, Communication numérique, Codage - Compression, ...).
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